À la rencontre de...

WAX part à la rencontre d'une personnalité, du passé, du présent, et du futur aussi.

Une apprentie-sociologue chez les scientifiques

Avec la volonté interdisciplinaire du projet WAX, on vous propose le regard d’une non-scientifique qui prend conscience de ses propres stéréotypes en remettant les pieds dans un laboratoire !

 

Le 11 janvier 2017,

Cela fait dix ans que je n’ai pas mis les pieds dans un laboratoire.

M’étant spécialisée en lettres et en sciences humaines depuis la première au lycée, je garde un souvenir vague de mes cours de sciences, des salles de physique et de SVT, rattachés à un univers maintenant lointain. Je redécouvre ces lieux que j’avais ignorés pendant des années, accompagnée de Chloé et Jérémie, respectivement en service civique et co-président au sein de l’association Wax Science. Nous nous rendons dans les locaux du Centre de Recherches Interdisciplinaires, situés dans la faculté de médecine de Port-Royal. Ces espaces occupés par des étudiants de l’Université Paris-Descartes constituent aussi les laboratoires de l’hôpital Saint Vincent de Paul.

A notre arrivée, nous visitons deux pièces, une salle de classe et un laboratoire. Dans la première, deux étudiants et une étudiante de licence du programme Frontières du Vivant sont là, libres de faire ce qu’ils veulent dans cette pièce sans professeur.e et avec des tables en bois. Je me rends progressivement compte de mes préjugés sur les études en sciences. En effet, la séparation faite de manière systématique entre les arts et les sciences a donné lieu à un certain nombre de représentations, en partie fausses sur les espaces et les manières de travailler des scientifiques et potentiellement des artistes.
Un certain nombre d’éléments dans la salle me font penser à ce qu’on pourrait trouver dans des écoles d’art : de la peinture, des colorants chimiques, une imprimante 3D, des ordinateurs, un appareil photo Reflex. Le lieu ressemble davantage à un atelier expérimental qu’à une triste salle de classe.

Je n’avais jamais pensé que les étudiant.e.s en sciences disposaient de salles de classe pour faire des expériences en autonomie, qu’ils effectuaient des ponts entre les arts et les sciences, que certain.e.s filmaient et prenaient en photo leurs expériences sans être habillés en blouse. Lucile nous propose d’observer une expérience qu’elle filme et photographie. Pour les explications et le déroulé détaillé de l’expérience, je vous renvoie à l’article de Lucile !

En s’intéressant aux changements provoqués par le contact du liquide vaisselle au lait, l’expérience donne à voir des formes abstraites qui se composent progressivement devant nous.  À l’explication scientifique se superposent des considérations sur le mélange des textures et des couleurs primaires ainsi que sur le statut et l’usage des images en sciences.


Nous nous sommes ensuite dirigé.e.s vers le laboratoire situé dans la salle adjacente. A l’intérieur de celui-ci, les équipements rappellent le matériel électro-ménager d’une cuisine. Je découvre l’étuve de laboratoire par exemple et en redécouvre d’autres : les boîtes de petri, le microcoscope mais aussi la centrifugeuse en biologie moléculaire !

En sciences sociales, la mesure est l’homme dans son contexte social, bien que cette primauté de l’humain soit parfois remise en question.

Ici, les étudiants et étudiantes s’intéressent à l’infiniment petit et à l’infiniment grand. Face à ce changement d’échelle, les possibilités semblent multiples et l’humain infiniment petit. En tentant de comprendre ce qui ne nous est pas donné à voir à l’œil nu, tout en portant l’attention sur des considérations d’ordre esthétique, les questionnements qui traversent les scientifiques ne sont pas sans résonance à ceux des artistes.

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