Ateliers pour des collégien-ne-s lycéen-ne-s sur les stéréotypes de genre dans la science

Autocensure, stéréotypes, biais de sexe et de genre dans la recherche, des sujets trop compliqués ou ennuyants pour des collégien-nes et lycéen-ne-s? Pas du tout, WAX vous explique comment aborder ces sujets de façon ludique.

Les deux ateliers présentés dans la suite de l’article ont été créés par WAX Science pour une classe de 4ème dans le cadre d’un partenariat avec le collège Louise Michel de Faremoutiers. Ils se sont déroulés en deux séances de deux heures à un mois d’intervalle (pour découvrir le ressenti de l’atelier par WAX et les élèves, c’est ici). L’objectif de cet article n’est pas de vous expliquer comment reproduire exactement ces mêmes ateliers avec les mêmes conditions mais de vous fournir des supports (visuels mais aussi des supports d’activités) que vous pourrez adapter à vos conditions (horaires, matérielles) et à votre public !

Si vous avez des questions sur les ateliers présentés, que vous souhaitez avoir accès aux fichiers en d’autres formats (ppt par exemple), il suffit d’un petit mail à waxscience@gmail.com .

Vous trouverez un résumé des ateliers en pdf :  ateliers wax science. Comme pour les autres outils WAX Science, ces ateliers cherchent à aborder ces sujets par un ton ludique et décalé et à impliquer les participant-e-s un maximum .

 

Atelier 1 : découvrir les stéréotypes

Le support visuel pour cet atelier est disponible ici : Atelier Stéréotypes de genre en sciences Partie I

L’objectif de cet atelier est de traiter les questions suivantes :

• Qu’est-ce qu’un stéréotype ?

• Quels sont les stéréotypes des sciences ?

• Qu’est-ce qui véhicule les stéréotypes?

• Comment y remédier?

Vous avez dit stéréotype ?

Le support visuel correspond à plusieurs activités. La première partie a pour objectif de faire comprendre ce qu’est un stéréotype et la différence entre stéréotype, préjugé et discrimination. Après avoir introduit les différentes notions, une série d’images et de vidéos (lorsqu’il s’agit d’une vidéo, le lien est présent sur la diapositive) correspondant à différents stéréotypes est présentée. il s’agit pour les participant-e-s d’exprimer de quelle notion il s’agit (stéréotype, préjugé, discrimination), d’expliciter l’idée reçue, et de donner des exemples de ce que pourraient être les stéréotypes, préjugés ou discriminations associés.  Dans un second temps, les participant-e-s écrivent sur des post-its les stéréotypes qu’ils ont vus ou observés et viennent les coller au tableau. Ceux-ci sont ensuite lus, partagés et triés.

La seconde partie de l’atelier vise à se concentrer sur les stéréotypes de la science. Pour aborder cette notion, il est demandé aux participant-e-s de dessiner une personne faisant de la science. l’exercice venant des États-Unis se dit en anglais « Draw a scientist » ce qui permet de ne pas préciser le genre. Cette exercice fait ressortir les principaux stéréotypes:  un scientifique est un homme, en blouse avec les cheveux en pétard. En présentant les résultats de Google Images pour la requête « scientifique », on comprend que ces stéréotypes sont généralisables. Il est ensuite possible de creuser le sujet à l’aide de chiffres et de remarques. les données présentées proviennent d’une étude réalisée par la Fondation L’Oréal pour son programme Pour Les Filles et la Science.

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La lutte finale

La troisième partie de la séance s’intéresse à la provenance des stéréotypes. Là encore, il est demandé aux participant-e-s d’écrire leurs avis sur des post-its. La majorité des voies de transmission sont souvent citées, et il convient dans la suite d’introduire plus de détails sur chacun de ces moyens.  Au delà des voies de transmission de stéréotypes, un point d’honneur est d’expliquer que c’est aussi l’absence de femmes dans certains domaines qui véhiculent des stéréotypes, d’où le petit quizz sur le sujet. Cette partie s’achève avec un petit jeu ayant pour objectif de transformer les participant-e-s en observateur-rice-s actifs qui peuvent dénicher les stéréotypes. Tous les exemples présentés sont récents.

La dernière partie cherche à aborder le thème de « comment remédier à ces stéréotypes pour finir sur une note positive ». Il s’agit dans un premier temps de présenter les activités de WAX Science, puis d’élargir à d’autres initiatives récentes qui ont les même objectifs. Pour ceux qui souhaitent réaliser ces activités en plusieurs fois, il est conseillé de donner  des devoirs, c’est-à-dire, de faire dénicher aux participant-e-s entre deux séances différents stéréotypes qu’ils peuvent rapporter par les réseaux sociaux ou par mail. Une vidéo d’ouverture est aussi proposée sur le thème « les stéréotypes peuvent-ils être positifs ? ».

Pour un récit de notre expérience avec cet atelier , c’est ici : http://wax-science.fr/les-post-it-de-faremoutiers/. Si vous souhaitez approfondir le sujet, n’hésitez pas à consulter les articles WAX (focus-sur-les-stereotypes-de-genre-dans-science et Stereotypes-et-idees-recues-en-science) ainsi que l’excellent dossier réalisé par les associations femmes et sciences, femmes ingénieures, et femmes et mathématiques : femmes-sciences.

 

Atelier 2 : les effets des stéréotypes

Le support visuel pour cet atelier est disponible ici : Atelier Stéréotype de genre en sciences Partie II

L’objectif de cet atelier est de traiter les questions suivantes :

• Retour sur les thématiques abordées la fois d’avant.

• Quels sont les effets des stéréotypes? (autocensure, plafond de verre, effet golem…).

• Biais de sexe et de genre dans la recherche et l’innovation.

• Bilan des ateliers.

 

Les conséquences des préjugés

La première partie de cette séance s’intéresse à faire un retour sur les activités précédentes. Au-delà de permettre à tout le monde de se remettre dans le sujet, cela valorise l’implication de ceux qui ont « déniché » des stéréotypes. Il est ainsi proposé de réaliser un petit concours pour lequel les participant-e-s élisent « les meilleurs stéréotypes ». On vous propose de leur donner des bonbons ou chocolats comme récompense ! Pour leur montrer, que nous généralisons la prise de conscience des stéréotypes, il est possible de mentionner l’application ItCounts portée par WAX Science.

La deuxième partie a pour objectif de transmettre un certain nombre de notions complexes autour des effets des stéréotypes. Pour cela, les concepts sont introduits par des petits jeux et ensuite explicités. Nous vous proposons de faire écrire les définitions au tableau (ou sur un paper board) par les participants. Nous vous proposons les définitions suivantes mais vous pouvez bien sûr en choisir d’autres.

Autocensure : Se censurer soi-même car on n’est pas conforme, c’est donc souvent ne pas oser.

L’effet golem est un phénomène psychologique dans lequel les attentes placées sur les individus, soit par les superviseurs soit par les individus eux-mêmes, mènent à une performance moins bonne de ces individus. C’est une sorte de prophétie autoréalisatrice.

Le plafond de verre est une expression  désignant initialement les « freins invisibles » à la promotion des femmes dans les structures hiérarchiques.

La première activité introduisant l’autocensure est une adaptation du jeu « je n’ai jamais ». Il s’agit de faire fermer les yeux aux participant-e-s. Des questions sous la forme « je n’ai jamais » sont ensuite posées, si on n’a jamais réalisé cette action, on fait un signe avec ses mains (comme lever la main), les animateur-rices comptent pour chaque question le nombre de réponses positives et négatives. Cela permet de se baser sur des exemples concrets, que tout le monde a vécu pour expliquer ce qu’est l’autocensure. L’effet golem (ou menace du stéréotype) est abordé à travers l’anecdote de l’étude d’un exercice réalisé de façon plus performantes par les femmes lorsqu’il est présenté comme un exercice de dessin que comme un exercice de géométrie. Il est possible d’ensuite généraliser à tous les effets et aux méthodes qui permettent de limiter voir d’éliminer cet effet.

Enfin, pour aborder le plafond de verre, le jeu où est Charline est proposé. Il s’agit de trouver les femmes dans les recherches Google proposées (ceo (pdg) , university dean (président-e- d’université)) et dans la vidéo du congrès des maires. A chaque fois, les femmes sont très peu présentes, ce qui permet d’aborder cette notion puis de la généraliser avec des chiffres.

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Un curieux héritage

La troisième partie de l’atelier s’intéresse aux biais de genre dans la recherche et l’innovation. Pour mieux comprendre ce sujet, n’hésitez pas à aller découvrir le site: http://genderedinnovations.stanford.edu/. L’idée est de faire comprendre que prendre en compte la dimension de sexe et de genre dans la recherche et l’innovation permet d’améliorer les objets de notre quotidien et de faire de la meilleure science. Pour cela, l’idée est de passer par des exemples concrets d’objets ou de services peu adaptés pour un type d’utilisation ou pour un sexe (mannequin pour tester les ceintures de sécurité, panneaux de toilettes  bébés/ hommes …). La question de la recherche est abordée par la vidéo « la Science c’est pour toi », par des maladies très liées à un sexe dans les esprits (crise cardiaque, ostéoporose , cancer du sein),  et par une étude prouvant que les souris de laboratoire ne réagissent pas de la même façon lorsqu’elles sont manipulées par un homme ou par une femme. Cette prise de conscience est prolongée par une réflexion en petits groupes sur ce que ce serait certains objets où la dimension de sexe et de genre serait intégrée. Une restitution est formulée par des petits sketchs.

 

Bilan

L’atelier se termine sur un moment de bilan. De façon générale chez WAX, nous avons remarqué que le premier atelier était plus accessible pour des classes de 4ème. Les sujets abordées dans le deuxième sont bien plus complexes, et les élèves n’ont pas forcément été confrontés à un certain nombre de choses qui sont évoquées. C’est pourquoi nous conseillons, de pourquoi pas, se concentrer sur certains sujets quitte à en laisser d’autres de coté (notamment le plafond de verre). Par contre, pour que tous les élèves puissent s’exprimer, nous recommandons vivement la méthode du post-it  ! De même, nous ne saurions qu’encourager les élèves à participer le plus possible. De notre coté, on a par exemple pour la deuxième séance, ramené des chocolats, effet garanti !

Vous aussi vous réalisez des ateliers sur ces sujets et avez de l’expérience à partager ? Nous sommes preneur-se-s ! N’hésitez pas à nous contacter.