Les bases de l’éducation : quelle histoire !

Vous aimez les histoires ? Ça tombe bien, en voilà une qui est au cœur de nos vies sans même qu'on s'en rende compte. Avec des luttes de pouvoir millénaires n'ayant rien à envier à Game of Thrones, plongeons à présent au cœur de l'éducation, et faisons cap sur un petit village d'irréductibles scientifiques.

L’éducation a toujours existé, et à travers les âges elle a pris mille et une formes différentes. Enjeu de pouvoir et de déchirures entre l’église et l’état par exemple, une bonne éducation signifiait généralement une bonne position sociale ou du moins de meilleures perspectives. Peut-être serait-il bon de rappeler que l’enseignement primaire gratuit et laïc ainsi que l’instruction obligatoire remontent seulement à la fin du XIXe siècle. Peut-être pourrions-nous rapporter le fait que l’école mixte est encore bien plus récente ? Et bien sûr, n’oublions pas que le nombre de doctorant.e.s d’aujourd’hui correspond plus ou moins au nombre de bachelier.e.s d’il y a un siècle.

 

École primaire publique de jeunes filles à Nantes

 

Cette digression illustre simplement un fait : l’éducation a évolué à travers l’histoire. Et nous aimerions souligner une évolution particulière : l’apparition des sciences de l’éducation. Si la philosophie a par le passé joué un rôle déterminant pour l’éducation, elle allait laisser une petite place à cette nouvelle branche cataloguée « scientifique ».

DES SCIENCES DE L’ÉDUCATION

Les sciences de l’éducation sont à présent considérées au pluriel puisqu’elles font appel à plusieurs disciplines. Par exemple la psychologie pour le développement de l’enfant, la linguistique pour comprendre les processus d’acquisition du langage, les neurosciences pour mieux comprendre la mémorisation… et bien d’autres !

Pourquoi donc s’appuyer sur les sciences pour traiter d’éducation ?

Pour y répondre, considérons les différentes formes de « savoir » qu’on peut observer en éducation. D’une part le savoir « expert », soit les connaissances issues du partage dans le milieu des enseignant.e.s – on compte sur un genre de darwinisme des « bonnes pratiques éducatives » – dont ne resteraient que les meilleures. D’autre part, il y a les savoirs expérientiels. Ceux-là viennent de l’observation et de la réflexion sur sa propre pratique d’éducateur.rice. Et enfin les savoirs dits « savants » venant de la recherche scientifique. Il se trouve que cette dernière catégorie a un rôle spécial : la recherche scientifique permet un recul critique, elle permet d’aller au-delà d’impressions parfois biaisées, et donc permet d’approfondir les connaissances des deux autres types de savoirs.

Est-ce suffisant ?

Non. Il faut nuancer mon propos pour plusieurs raisons : les catégories de savoirs précédemment énoncées se recoupent parfois, et surtout si l’idéal d’une démarche scientifique objective et exempte de biais est séduisante, en pratique une grosse partie des études menées ne sont pas suffisantes pour conclure quoi que ce soit, par exemple à cause de l’absence de groupe témoin ou d’un échantillon trop restreint. Manque de moyens ? Réticences du grand public à se prêter au jeu ? Peut-être, mais pas que. Les biais qui affectent les enseignant.e.s ne manquent pas d’affecter les chercheur.e.s, qui sont souvent dans un milieu compétitif exigeant : la recherche académique entraîne souvent des courses à la publication qui peuvent mener à certaines incohérences comme l’a récemment soulevé le journal Le Monde.

 

Apprentissage et tablette numérique

Et à part ça ?

De plus, l’éducation ne peut pas être uniquement une affaire scientifique. Elle relève incontestablement d’une réflexion politique et philosophique. La science doit-elle, ou peut-elle répondre à des questions comme « quelles valeurs, quelle culture veut-on transmettre à travers l’école ? ».

Cependant, malgré ses limites, l’approche scientifique de l’éducation nous semble nécessaire. Parce que dans de bonnes conditions, elle permet d’avoir un double rôle, d’une part critique vis-à-vis de ce qui existe déjà comme nous l’avons déjà évoqué, d’autre part exploratoire afin d’ouvrir la porte vers d’autres pistes éducatives intéressantes.

Se préparer ?

De plus, dans un monde où la science est de plus en plus présente, peut-être qu’une meilleure culture scientifique – comprendre comment se fait la science, ses limites, son utilisation – serait une bonne base pour tout éducateur.rice. Une formation à la démarche scientifique serait donc un plus, et c’est maintenant possible de commencer tôt !

UN JUSTE MILIEU

Remarquons finalement que tant la philosophie que les sciences de l’éducation semblent jouer un rôle clé dans la construction d’un meilleur système éducatif. Plutôt que de les opposer dans un débat stérile, faisons le pari de les réconcilier et de construire des cadres de réflexion qui évolueront avec la société. Il semblerait que ce soit notre meilleure chance en vue de vivre dans un monde équitable, entouré.e.s de citoyen.e.s critiques.

Pour aller plus loin :

 

 

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Sources images

  • https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/97/Ecole_primaire_publique_de_jeunes_filles_-_Nantes.jpg/1280px-Ecole_primaire_publique_de_jeunes_filles_-_Nantes.jpg
  • https://c1.staticflickr.com/7/6204/6097607559_b483faa975_b.jpg
  • https://s1.postimg.org/2ia6oy0ej3/22054581_10214464625957569_1475530792_n.png
  • Child Education_ Khadeem Tea State_ Bangladesh_ A.H.M. Zahidur Rahman (photo à la une)

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