Go green, go Aléoutes

Même s'il n'avaient pas encore inventé le fil à couper le beurre, les peuples de la préhistoire réussissaient parfois où nous échouons. Prenez les Aléoutes par exemple. Il y a 7000 ans de cela, leur gestion des ressources de l'environnement participait à la stabilité de leur écosystème.

Chasseurs-cueilleurs, d’accord. Mais chasseurs-cueilleurs responsables et durables. Alors respect, les Aléoutes savaient gérer leur écosystème, eux. Selon des chercheurs américains, ce peuple inuit équilibrait correctement son utilisation des ressources locales. Il y a 7000 ans. Grâce aux récits oraux des anciens, et des traces archéologiques, l’équipe de Jennifer Dunne de l’université de Santa Fe a pu reconstruire les habitudes alimentaires des Aléoutes.

Mais le mystère demeure quant à leur capacité à pouvoir se déplacer pieds us en Alaska. (Wikimedia)

Mais le mystère demeure quant à leur capacité à pouvoir se déplacer pieds nus en Alaska. (Wikimedia)

L’île Sanak et son archipel abritaient alors des mammifères marins, des coquillages, des poissons, des crustacés, ainsi que des algues. En reconstruisant la « toile alimentaire » qui connectait toutes ces espèces, et les Aléoutes, les chercheurs ont remarqué que leurs habitudes de chasse saisonnières ne perturbaient pas la dynamique de leurs niches écologiques.

« Contrairement à la plupart des études écologiques qui ignorent les humains ou les considèrent comme des acteurs externes, notre analyse les inclut comme une partie intégrante de l’écosystème, » a expliqué Jennifer Dunne dans un communiqué.

Dans la même ligue que la morue du Pacifique

Comprenez que, pour une fois, l’influence des humains pouvait être comparée à celle d’autres prédateurs du milieu. Les Aléoutes peuvent être classés en tant que « prédateurs super-généraliste » : dans chaque niche qu’ils occupaient, environ 25 % des autres espèces leur servait de repas. Un chiffre comparable aux habitudes de chasse de la morue du Pacifique selon les chercheurs.

Ce moment où tu réalises que tu manges tellement n'importe quoi que l'on te compare aux humains. (Wikimedia)

Ce moment où tu réalises que tu manges tellement n’importe quoi que l’on te compare aux humains. (Wikimedia)

Comme les autres prédateurs super-généralistes, les chasseurs-cueilleurs changeaient régulièrement de proie à mesure que celles-ci se faisaient rares. « C’est un comportement très stabilisateur pour le système. » Les temps morts permettent aux populations de se reconstituer, et aucune disparition d’espèce n’est à déplorer. L’écosystème reste équilibré.

Aussi, Jennifer Dunne n’a pas manqué de comparer ces pratiques de chasse, pêche (et traditions ?) préhistoriques à l’exploitation intensive des ressources actuelles. La loi du marché dicte que la valeur d’une denrée se raréfiant doit grimper en flèche. Mais appliquer ce raisonnement à un animal comme le thon rouge entraîne une pression de prédation encore plus forte sur son espèce. Alors que sa population est déjà au plus bas.

Aussi peut-être faut-il nous en remettre à la sagesse des Aléoutes. Avec moi, enfilez votre plus belle fourrure, et rendez-vous ce dimanche à Vincennes. C’est la saison du cheval.

Regardez comme ils sont nombreux ! Il faut contrôler la population, pour leur propre bien. (Wikimedia)

Regardez comme ils sont nombreux ! Il faut contrôler la population, pour leur propre bien. (Wikimedia)

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