Art & Science

Deux sujets, souvent séparés mais qui partagent bien des valeurs!

La physique derrière Interstellar

Vous y êtes allés pour Matthew McConaughey, pour vous refaire quelques heures type Gravity ? Et au milieu et surtout à la fin, vous vous êtes dit, mais qu'est ce qu'ils ont bien pu prendre pour ecrire un scénario pareil ! WAX revient sur la science derrière Interstellar.

Voila, je vous sens venir tout de suite. Pour ceux, qui n’ont pas vu Interstellar , je ne peux promettre de ne rien spoiler mais je ferais de mon mieux. Mais avant de lire cet article, je vous conseille quand même d’avoir vu le film, sinon vous risquez d’être un peu perdu. Interstellar, c’est film sorti fin 2014 qui raconte l’histoire de voyages intersellaires pour trouver une nouvelle planète où s’installer nous les humains, car la Terre à l’époque décrite n’est plus capable de nous fournir les ressources nécessaires.

La liberté d’imaginer

Bon, il faut le dire, je suis biaisée. J’ai vraiment trouvé ce film excellent. En tant que scientifique (biologiste), je me suis retrouvée à discuter avec un certains nombre d’ami-e-s et tant bien que mal, le sujet de la véracité de la science derrière Interstellar est toujours arrivé sur le tapis. Et j’avoue qu’en terme de physique des trous noirs, je ne m’y connais pas du tout du tout. Cependant, j’ai quand même pu argumenter que le fait de pouvoir interpréter artistiquement ce que l’on ne connait pas en sciences (comme par exemple ce qu’il y a dans un trou noir) constitue une excellente idée. Chaque hypothèse a une possibilité d’être vraie; plus ou moins certes, mais quand même. Et cette liberté dans le choix d’exprimer une hypothèse plutot qu’une autre peut trouver d’autre base que la théorie scientifique dominante. Par exemple, dans le film la tirade sur l’amour étant peut être une force que nous ne savons pas encore décrire. En prenant cette hypothèse au sens propre, on ne peut pas définitivement la réfuter, pour le moment, rien ne nous porte à le croire, mais une théorie et des preuves expériementales viendront peut-être un jour prouver le contraire. Il aurait semblé absolument impensable à nos chers ancêtres au temps de l’Empire Romain, que le temps était relatif, ou que nous étions composés de millions de cellules et de bactéries. Les hypothèses les plus improbables ne sont pas forcément les moins bonnes. Alors de temps en temps, laisser cours à son imagination et à sa créativité sur les sujets les plus pointus, c’est sympathique!

Interstellar-Ending-Explained-Time-Travel

Le physicien derrière Interstellar

Bref, après cette disgression, j’ai décidé d’aller creuser le sujet pour quand même discerner l’état de la science sur les sujets traités . Vu le nombre d’articles sur le sujet, je ne suis pas la seule! Tout d’abord, Interstellar est né de l’imagination d’un physicien spécialisé sur les trous noirs et les tunnels espace temps  : Kip Thorne. Dans un interview de la très sérieuse revue Nature, il explique que le film vient à l’origine de discussions avec une amie Lynda Obst dans les années 80. Petit à petit, ils ont mont » un scénario autour de ces thématiques de wormhole, espace temps et cie. Après avoir interessé plusieurs réalisateurs, c’est Christopher Nolan qui s’empare du projet. Selon Kip Thorne, l’histoire a été complétement transformée mais les sujets centraux sont restés les mêmes. Concernant la science, il explique que les spéculations les plus folles du film proviennent en fait de la science et pas de l’imagination de l’auteur du scénario. Comme quoi!

Il va plus loin en expliquant les liens intrinsèques entre la science la plus fondamentale et la réalisation du film. Pour imaginer les mouvement de caméras dans un wormhole ou trou de ver, l’équipe en charge des effets spéciaux s’est basée sur les équations de Kip Thorne. En effet, comme pour les trous noirs, vu que la lumière ne passe pas, c’est très compliqué de les visualiser, et le concept utilisé pour cela est le « gravitationnal lensing ». A partir des équations de Kip Thorne, l’équipe en charge des effets spéciaux ont proposé des mouvements de caméra pour visualer ce wormhole » grâce à des ordinateurs plus puissants que ceux des physiciens . Résultats, des effets fascinants dans le film et une visualisation complètement inédite dans le domaine scientifique!

exclusive-interstellar-poster-167987-a-1411053127-470-75

Oui mais bon…

Voila après vous avoir présenté un exemple de parfaitescollaboration entre scientifiques et spécialistes du cinématographe on peut souligner certaines imprécisions. Certaines ont fusé après la sortie du film. On peut prendre l’exemple de la partie du film consacrée à la planète très proche de Gargantua, le trou noir. Cette proximité est à l’origine de la différence dans le temps : une heure la bas constitue dans le vaisseau mère sept ans. De très nombreuses critiques ont été évoquées sur cet aspect : premièrement sur la possibilité qu’une telle planète existe et deuxsièmement sur l’impossibilité pour les astronautes de survivre dans cet environnement. Dans un autre interview de Kip Thorne, celui ci explique le processus de création. Christopher Nolan venait le voir avec des « non négociables », comme l’idée de cette planète ou le fait de voyager plus vite que la lumière. Aussi implausible que l’idée paraissait, Kip Thorne testait cette possibilité par différents calculs. Autant, l’aspect plus vite que la lumière restait impossible, autant selon plusieurs raisons détaillées dans l’article (mais dont je ne suis pas capable de vous expliquer les détails), les deux arguments présentés ci dessus peuvent être possibles (non probables mais possibles).

En quelques mots, oui il y a des choses improbables dans ce film, mais la volonté majeure a été de respecter au maximum la science en prenant des libertés qui restaient dans les frontières du possible. Si vous voulez le détail de la physique, ca tombe bien, Kip Thorne a écrit un livre dessus : The Science of Interstellar. Apparemment, livre excellent qui explique beaucoup des aspects scientfiques les plus décriés du film

Interstellar astronauts explore new planet

La science d’Interstellar en Infographie

Bon et au final, est ce grave si tout n’est pas totalement vrai ? Le fait que la science et surtout ses limites, et sa créativité soient le centre et même l’inspiration d’Interstellar suffit selon moi amplement. Et surtout, quel meilleur moyen de faire découvrir ces sujets si hardus à aborder. Et comme nous sommes en 2015, la sortie d’un film mène souvent à la sortie d’infographies ! Et bien oui, sur Interstellar, cela a permis de créer et diffuser des inforgraphies pour parler de trous noirs, de trous de vers et de physique relativiste. Je vous en mets une ci dessous, mais en voici une autre ici. Même si on ne comprend pas tout, on peut commencer à imaginer, et selon moi, c’est bien la l’essentiel !

interstellar-wormhole-travel-141107c-02-1

Une liste d’articles pour aller plus loin :

http://www.nature.com/nature/journal/v515/n7526/full/515196a.html

http://blogs.scientificamerican.com/observations/2014/11/28/parsing-the-science-of-interstellar-with-physicist-kip-thorne/

http://www.wired.com/2014/10/astrophysics-interstellar-black-hole/

https://www.yahoo.com/movies/interstellar-ending-explained-102298382597.html

Partager:

5 649 vues

COMMENTAIRES



Êtes-vous un robot?