Art & Science

Deux sujets, souvent séparés mais qui partagent bien des valeurs!

Pourquoi le symbole du coeur est-il aussi « faux » ?

Saint-Valentin oblige, on s'est demandé qui avait bien pu décider que les coeurs devaient se dessiner comme ça. Alors qu'il n'y a rien de plus sensuel qu'un bon vieux schéma légendé...

C’est quand même pas dur. On en a tous un, il suffisait de regarder. Et non, depuis le 13ème siècle environ, tout le monde dessine les coeurs n’importe comment. Ah oui, c’est facile à dessiner, mais qu’en est-il de la rigueur ? De la Vérité ?

Heureusement, il y avait eu des curieux pendant l’Antiquité. Des scientifiques sérieux. En soignant les blessures de gladiateur, Claude Galien, un médecin grec, avait pris le temps d’observer et de décrire le coeur humain dans ses ouvrages. Il avait noté que l’organe ressemble à une pomme de pin, ou une feuille inversée. Rien de bien exhaustif, mais le monde a dû s’en contenter pendant 1300 ans.

Claude Galien, ce daron (Wikimedia)

Claude Galien, ce daron (Wikimedia)

On fait avec ce qu’on a

La suprématie de l’Église et de ces dogmes au Moyen-Âge empêchait alors aux citoyens de pratiquer des autopsies. Pour savoir à quoi ressemblait un coeur, une seule option : faire confiance à Claude Galien. Or, c’est à la même époque que l’on a commencé à associer le coeur à l’amour.

La toute première utilisation du symbole que nous connaissons dans une situation romantique est apparue en 1250, dans un livre français (cocorico) appelé « Le roman de la poire ». Une lettrine richement décorée y présente un homme offrant son coeur à une damoiselle. Mais soyons francs, ça a l’air mal parti pour lui…

Apprenez à décrypter les femmes : la mine renfrognée et la main levée sont de très bons indicateurs d’un râteau. (Wikimedia)

Apprenez à décrypter les femmes : la mine renfrognée et la main levée sont de très bons indicateurs d’un râteau. (Wikimedia)

La France, toujours là quand il s’agit d’amour comme chacun sait, a ensuite fini de populariser le « coeur » moderne. Lorsqu’ils ont réadapté le jeu de cartes des Mamlouk d’Egypte, les Français ont choisi que les 4 familles seraient le pique, le carreau, le trèfle et le coeur. Associés aux même symboles qu’aujourd’hui. C’est grâce aux cartes que le dessin du coeur s’est enfin imposé culturellement à partir du 16ème siècle.

La représentation de l’organe est alors finalement adoptée par l’Église. Les oeuvres religieuses de l’époque faisant référence au « coeur du Christ » ont toutes employé le même symbole. Et ainsi de suite, jusqu’à aujourd’hui.

Quand le coeur n’en était pas un

Mais le plus étonnant, c’est que la forme que nous connaissons était déjà largement utilisée durant l’Antiquité. Elle ne servait pas à représenter le coeur, mais les feuilles de lierre, portées en couronne par les divinités et les prêtres. On peut d’ailleurs noter que ces couronnes étaient aussi portées par les jeunes mariés étrusques.

En plus, durant l’Antiquité encore, la ville de Cyrène avait fait apposer le même symbole sur sa monnaie. Il s’agissait d’une représentation d’une graine de Silphium, une plante locale. Elle pouvait justement servir à préparer des décoctions contraceptives… Une utilisation qui n’a sans doute pas manqué d’ancrer le lien entre cette forme et le domaine de l’amour.

Bon après, on se plaint parce que c’est pas bien juste anatomiquement… Mais c’est peut-être mieux…

"Marie-Cécile, je vous offre mon coeur ! Notez la grâce du ventricule..." (Wikimedia)

« Marie-Cécile, je vous offre mon coeur ! Notez la grâce du ventricule… » (Wikimedia)

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