Art & Science

Deux sujets, souvent séparés mais qui partagent bien des valeurs!

Les Chroniques Naturelles [S1E3] Nom d’un haricot !

Malgré les obstacles, Myzus et Tétra ne comptent pas abandonner leur quête de l’énergie ! Cette fois, c’est Tétra qui a trouvé une plante-hôte et il sait que, enfin, c’est la bonne ! C’est d’ailleurs là qu’il est né, sur cette feuille de haricot, il y a déjà de nombreuses journées*.

 

Si les espèces auxquelles appartiennent Tétra et Myzus sont dites généralistes, capables de se développer sur une énorme diversité de plantes dans le monde, toutes les espèces d’acariens et d’insectes n’ont pas le même régime alimentaire !

Le haricot commun (Phaseolus vulgaris, en latin) est en effet la plante-hôte « préférée » du Tetranychus urticae et donc de Tétra. En revanche, les pucerons comme Myzus (Myzus persicae) ne peuvent pas digérer ou se débarasser de certaines protéines comme les lectines. Les lectines sont produites par des plantes de la famille des Légumineuses, appellées aussi Fabacées (dont le haricot fait partie). En effet, il fut observé que les individus comme Myzus, après avoir passé quelques heures à se nourrir sur des feuilles de haricot, se figeaient dans leur position avant de prendre une couleur brunâtre, indiquant une intoxication2 (troisième image).

 

Le saviez-vous ?

Les adultes femelles et mâles tétranique tisserand produisent des fils de soie, comme les araignées ! Ces fils leurs permettent de protéger leurs œufs, et les aident à se déplacer de feuille en feuille, voire d’une plante à une autre. Le vent reste néanmoins un vecteur important pour la dissémination des individus.

Dans la première case, Tétra nous parle de sa mère. À l’instant où une nymphe devient une femelle adulte, elle est immédiatement fécondée par un mâle. La femelle fécondée pourra produire des œufs et donc des individus mâles et femelles jusqu’à la fin de ses jours sans jamais avoir besoin de s’accoupler une autre fois ! Il ‘suffit’ donc qu’une femelle fécondée arrive sur une plante-hôte adéquat (et de bonne conditions environnementales) pour être à l’origine d’une colonie.

 

* La durée de vie moyenne de Tetranychus uticae varie de 2 à 4 semaines selon les conditions de vie, notamment de la température et de l’humidité de l’air ambiant. Mais, ne vous inquiétez pas ! Notre héros Tétra, fort de son caractère exceptionnel sera présent dans toutes les saisons de Les Chroniques Naturelles !

 

On doit l’essentiel de ces connaissances à Maurice Sabelis (ou Maus W. Sabelis (1950-2015), chercheur et professeur à l’université d’Amsterdam aux Pays-Bas. Pendant plusieurs décennies, il a étudié les différentes facettes du cycle de vie des représentant de l’espèce de Tétra. En outre, ses travaux ont permis d’en apprendre beaucoup sur la dynamique des populations de nombreuses espèces. Le but étant d’améliorer la lutte biologique et réduire l’utilisation des pesticides !

 

 

Vous ne connaissez pas Myzus et Tétra ? Relisez le Prologue

 

Pour aller plus loin :

Quelques études scientifiques sans lesquelles wikipédia n’aurait pas de bons articles :

  • 1 Sabelis MW. Biological control of two-spotted spider mites using phytoseiid predators. Part 1 Modeling the predator-prey interaction at the individual level. Agricultural Research Reports No. 910. Wageningen, The Netherlands, 1981; pp. 226-242
  • 2 Errard A, Baldermann S, Kühne S, Mewis I, Peterkin J, Ulrichs C (2015) Interspecific interactions affect pests differently. Gesunde Pflanzen 67: 183-190

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